Tournée TambourFanfare 2016 jour 2

Deuxième jour de cette aventure

samedi 10 décembre

Le jour se lève sur la mangrove, la marée a baissé, les oiseaux s’affairent, une petite compagnie de chiens traverse le bolong, si peu profond qu’ils ont pied. Mon beau pantalon a craqué, le tailleur va avoir du travail. Après le petit déjeuner sur la terrasse, nous passons prendre Ndèye Kanni et le « pique-nique » (deux énormes ballots de

L’embarquement

casseroles, de plats et de légumes qui peinent à entrer dans le car), et nous traversons une belle végétation de palmiers et de baobabs jusqu’à Ndangane, où deux pirogues nous attendent, sous la direction de leur propriétaire, Adama, qui vient avec nous. Nous ne prenons pas de souba, faute de place, en cas de besoin Daniel assurera les basses avec son marching. Les musiciens opérationnels se mettent dans une pirogue, l’équipe de tournage les filmera de l’autre embarcation.

Corne sans brumes

Nous traversons un large bras du fleuve Saloum pour récupérer Gislaine, une toubab qui vit sur son île six mois par an, sollicitée par Ndèye Kanni pour nous servir de guide, et qui avait envie de faire notre connaissance. Nous découvrons bien vite qu’il s’agit d’une millavoise pur jus ! Elle nous parle de la douceur de vivre de ce beau pays sérère, et aussi des réalités du Sénégal et de la vie des immigrés, en nous conseillant la lecture du beau livre de Fatou Diome, « le ventre de l’Atlantique ».

Pirogue Toubab

Les pirogues glissent sur le fleuve jusqu’au port de Djiffer, où nous allons acheter le poisson du pique-nique. Adama nous raconte les différents types de pirogues (celles des Sérères, adaptées à la navigation et à la pêche sur le fleuve et dans les bolongs, gracieusement effilées aux deux extrémités, et celles des Lebous, à la poupe coupée, plus robustes, et taillées pour affronter des campagnes de plusieurs jours en haute mer). Il nous montre les montagnes de coquilles de conques et d’escargots de mer, d’horribles bestioles absolument énormes dont on extrait la partie molle pour la faire sécher au soleil, il parait que c’est un régal mais ça ne donne pas envie d’y goûter… Des poissons sèchent aussi sur les claies de branchages et de palmes, l’odeur est très supportable. Nous arrivons à la pointe, occupée par

Aubade marine

les ruines de l’ancienne pêcherie. Au loin, l’île de Sangomar – qui n’était qu’une presqu’île jusqu’à la disparition de son isthme lors d’une violente tempête, en 1998, et qui est maintenant séparée de Djiffer par 6 kilomètres d’océan. L’hôtellerie de Sangomar en a pris un coup…
Nous encourageons la multitude des travailleurs par quelques petits airs de fanfare avant d’embarquer à nouveau dans nos pirogues et de traverser le fleuve jusqu’à une jolie plage bordée de palmiers. Ndèye Kanni et Adama se mettent à la cuisine, épaulés par quelques éplucheurs de légumes et râpeuses de carottes, pendant que d’autres en profitent pour se baigner dans l’eau calme du bolong. Un régal ! Mais la plupart des tambourfanfarons choisissent l’activité sieste, dans laquelle ils se lancent avec une grande ardeur.

Pleure l’oignon pleure

La préparation du pique-nique prend une bonne heure, et le soleil a baissé dans le ciel quand nous dégustons les poissons grillés au feu de bois. Il faut repartir, nous en avons encore pour deux bonnes heures de pirogue avant de revenir à notre point de départ par un bolong assez étroit. Nous passons devant l’île aux martin-pêcheurs – de beaux oiseaux rayés en noir et blanc qui creusent leurs terriers dans le talus d’argile de la berge. Peu après, il faut faire silence – même Julien, qui jusque-là n’a pas arrêté de jouer de sa clarinette – car nous passons une zone où rôdent des esprits.

Nous ne nous sommes sans doute pas assez recueillis, car à la suite d’une fausse manœuvre la pirogue « technique » se plante à toute vitesse dans les racines des palétuviers et manque de faire naufrage. Le choc est brutal, Adama tombe dans l’eau, heureusement peu profonde, et

Calme pirogue

Popo se roule en boule au fond du bateau. Plus de peur que de mal, on ne déplore que la perte du téléphone et des chaussures d’Adama , et la pirogue peut repartir.

La nuit est tout à fait tombée et nos petites lumières sont d’un grand secours pour la dernière heure de la croisière, au clair de la lune. Nous déposons Ghislaine sur son île, nous prenons congé d’Adama à Ndangane, puis de Ndèye Kanni à Joal. Nous n’avons pas le temps de visiter l’île de Fadiouth, ce sera pour une autre fois. Nous déclinons sa proposition de manger avant de partir pour Toubab Dialaw, prochaine étape de notre périple..

Nous y sommes reçus peu avant minuit par le pétillant Olivier, responsable de l’association Djarama, et par le créateur du site, le vieux sage Alessandro, qui lit tranquillement son journal. C’est une sorte de hangar

Le beau hangar

ouvert à tous les vents, posé sur deux containers d’acier recouvert d’adobe, auquel est adossé un joli petit théâtre de plein air – je le reconnais, Charlotte m’en avait montré les photos, c’est là qu’elle est venue jouer en novembre et c’est elle qui a eu le contact.

Après un apéritif à la Gazelle (ou était-ce de la Flag?), nous nous jetons avec plaisir sur les gros plats de pâtes préparés par Alessandro avant d’aller nous coucher, qui sous la tente, à la dure, qui dans les chambres du gîte, en dur. La nuit, entre deux ronflements de mes voisins j’entends le bruit de la mer, qui n’est qu’à un kilomètre à vol d’oiseau.

 

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