Voyage à Mothern jour 2

Samedi matin

Je profite d'un réveil précoce pour aller visiter le village, jusqu'à la vieille église entourée de son cimetière (qui a des allures de cimetière roumain), à côté de la mairie - fermée 5 jours pour cause de carnaval, on ne plaisante pas avec les choses sérieuses – et de l'école primaire, en cours de reconstruction. Tout ce quartier administratif est dans la partie haute de Mothern, assez loin de la Wacht centrale.

Très sage en répéte

Tarte au Rhin

Rémy et Yolande habitent dans le coin, rue des Platanes, et c'est chez eux que nous nous retrouvons tous pour répéter dans sa cave. Nous reprenons les morceaux que nous n'avions pas encore vus avec les bretons, les catalans et le Daniel-des-Vosges, pendant que nos hôtes s'affairent autour du double four à tarte flambée, installé dehors, devant la porte du garage qui nous abrite. Certains reconnaissent les valses et la polka alsaciennes que nous avons arrangées pour la circonstance. J'aurai bien revu Jetzt trink'n ma noch a Flascher Wein, car je l'avais entendu chanter la veille, mais le temps nous a manqué.

Nous comprenons !!!

La partie de tarte flambée est énorme, gargantuesque, et il nous faut sacrément d'énergie pour quitter la table et nous rendre à la Wacht, où nous attend Madame le Maire pour nous présenter son village et nous faire visiter son musée.

La Wacht, c'est « la veille », la maison du gardien qui pendant des siècles a veillé la nuit aux incendies et aux inondations. Le glorieux passé fluvial de Mothern est symbolisé par son blason, une échelle d'abordage avec ses crochets, lointain souvenir du temps où la piraterie sur le Rhin était une source de revenu non négligeable pour la population, qui a gardé la mémoire d'un compatriote répondant au doux surnom sympathique de Jean l'Ecorcheur... Une ancre et un mât de bateau sont dressés sur la petite place de la Wacht, au bord du fossé du Kabach, rappelant aussi la batellerie des anciens temps.

Musée texte un

Wikipédons : Depuis que le Rhin est navigable, les villages situés sur son rivage ont fourni un important contingent de bateliers englobant tout un éventail de professions, du mousse au capitaine, en passant par le cuisinier et le mécanicien. Dans les années 1950, Mothern comptait environ 150 bateliers (soit près du tiers des résidents du village) qui se sont regroupés en une association qui ont alors érigés un mât sur la place du village, semblable à un mât de bateau mais bien plus imposant. Les jours de fête, le mât est orné de fanions et de décorations lumineuses aux couleurs des nations et compagnies de navigation présentes sur le Rhin. Ce mât rappelle également l'important rôle économique du Rhin pour les villages situés sur son cours. Par ailleurs, la vie des habitants de Mothern a de tout temps été fortement influencée par la présence du Rhin qui, avant d'être canalisé, était fort capricieux et détruisait souvent tout sur son passage.

Le Rhin en bois

La visite du musée du Rhin m'intéresse beaucoup, et surtout l'étonnante maquette en bois du Rhin, de sa source suisse à son estuaire hollandais. Un tableau représente l'allégorie du fleuve et de ses affluents – dont le Main, au bord duquel nous avons passé de bien belle journée lors de la fête du vin de Ziel, l'été dernier, en Franconie, la boucle est bouclée.

Cadeaux, cadeaux

Madame le Maire nous remet des cadeaux que le Président de l'Echo sera fier d'exposer dans le musée du Frigo, à Saint-Georges de Luzençon. Vincent offre au musée une belle photo de vautour devant le viaduc de Millau – très connu ici, et source de fierté, car beaucoup de gens de Mothern ont travaillé à la construction du tablier à l'usine de la commune limitrophe de Lauterbourg.

Nous jouons « Damewahl » en morceau de remerciement, mais les tartes flambées sont passées par là et le résultat est un peu mou du genou...

Confluent, affluent

Quelle cigogne !!!

Vincent avait prévu de nous faire visiter plusieurs site, mais nous nous contenterons d'une petite marche à la confluence de la Sauer, au pied du village de Munchhausen, dans un joli parc sauvage où nous voyons de nombreuses cigognes, avant puis d'une mémorable avant de nous rendre à Seltz où, c'est officiel, il y a de l'eau : celle du Rhin. L'Echo prend les instruments pour y passer le bac, un espèce de grand radeau accroché à un câble en amont (« bac à traille »), et qu'un système de dérives permet de faire traverser le fleuve sans aucune motorisation, à la seule force du courant. Génial, non ? Il y a de la place pour 70 passagers, 28 vélos et 6 voitures - et une fanfare, qui s'en donne à cœur joie.

Bac, passe ton bac !!

La nuit tombe quand nous revenons à nos pénates. Après une petite sieste, nouveau dîner chez les Strasser, et cette fois-ci nous prenons du temps avant d'aller à la salle des Fêtes, au bal du moto-club, où nous ne jouerons qu'à minuit, quand il y aura du monde.

Encore la cigogne ???

Effectivement, c'est blindé, beaucoup de jeunes sont venus des contrées avoisinantes et en proportion les déguisés-masqués paraissent moins nombreux. La bière coule à flot, il y a un groupe de balloche sur scène – deux chanteuses, un chanteur, un guitariste, un batteur, et surtout beaucoup de machines : boîte à rythme, nappes et backs préenregistrés, le tout assez lourdingue.

Night clubbers or nice dancers

Mais le répertoire est efficace, envoyé par les chanteuses très professionnelles. Là encore, la plupart des morceaux nous sont inconnus – y compris des plus gros nightclubbers de l'Echo, qui envisagent sérieusement de reprendre le grand succès « Johnny Dèpp Dèpp Dèpp » à la fanfare...

Notre prestation de trente minutes attire l'intérêt poli du public, ce break permet aux danseurs de se reposer et au groupe de bal de relancer l'ambiance de plus belle, sitôt notre set terminé.

Je suis fatigué et je ne retrouve pas la transe-danse de la veille, les roulements de grosse caisse de la boîte à rythme me sortent un peu par les oreilles, et je ne m'éternise pas. Dans la rue, vers 1h30 du matin, nous croisons encore quelques Mothernois déguisés et bien allumés, de retour de leurs tournées dans les maisons.                                                                                                     

 

             

Florin Fanfare Echo des Avens Noël de la Fanfare Sage Fanfare Echo desAvens

 

 

 

 

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