Tournee Tambourfanfare 2016 jour 9

Neuvième jour de cette aventure

samedi 17 décembre

9h18: il y avait des étoiles filantes cette nuit. Le concert était nul à chier – tout ça pour ça ! Heureusement qu'il y a eu tout ce qu'il y a eu avant.

15h09: Thilogne toujours. Nous avons passé la journée d'hier à attendre une heure du matin pour jouer 20 mn sur la grande scène, sans balance préalable avec trois malheureux micros pour toute la fanfare... Nullach ! Heureusement tout le monde a bien dormi et nous nous sommes régalés à faire une manche de griot dans les rues de la ville et nous avons aussi fraternisé avec une petite troupe de batteurs et danseuses diola de la Casamance qui me rappelle bien des choses... Il fait une chaleur à crever mais on s'en fout et tout le monde est prêt à remettre ça tout à l'heure après le repas et la sieste.

23h26: super plan de brousse dans le village plein de kirikous partout à la nuit tombée devant leurs paillotes et les filles si belles qui dansent au son des tambours et à la lumière de nos guirlandes et cette dignité joyeuse dans le dénuement le plus complet... J'en ai encore les larmes aux yeux. Cette nuit nous allons quitter ces profondeurs africaines pour retourner à Dakar. La route nous attend

La troupe des fanfarons

Après une nuit de repos, le moral revient. Je discute avec Yero Sy, un des bénévoles, qui m'apprend que le problème de ce festival est qu'il est organisé par des gens de Dakar sans beaucoup de relais sur place. Il porte un t-shirt « Marathon Eiffage de l'autoroute de Dakar 2016 », décidément le bétonneur est partout ! Aujourd'hui, un cross de … 4 kilomètres est organisé à Thilogne. Peut-être pourrions-nous animer l'arrivée ?

 

Attroupement

Nous partons jouer en ville, d'abord chez le mécène des Ngueweul qui nous avait déjà reçus il a quatre ans, Almani. Je reconnais la cour de la grande maison, une petite foule s'attroupe autour de nous, et les gens viennent donner des billets à Ndigueul : cette manche de griots nous rapporte 25000 CFA ! Les filles dansent, l'ambiance est superbe, un gars un peu simplet s'y met aussi avec beaucoup de sérieux.

ClariTubaSénégalo

 

Nous allons ensuite au « garage » de la grand-route, - le centre-ville est toujours occupé par une station-service dans les gros bourgs du Sénégal - , où des tentes sont dressées pour recevoir les valeureux coureurs qui mettent sans doute beaucoup de temps à parcourir les 4 kilomètres, car nous n'en verrons aucun. Il y a aussi pas mal de marchands de friandises. Il fait très chaud et la fanfare demande rapidement à jouer à l'ombre, après quelques pas d'un « carnaval » sous le cagnard qui ne gêne nullement nos amis du Ngueweul.

DanseTrans

 

Nous sommes suivis par de ravissantes teen-agers que Sangue emmène dans des états de transe, qu'elles sont belles et qu'elles dansent bien ! Nous croisons une petite troupe de batteurs et danseuses Diolas venus de Casamance, fraternisation immédiate, nous leur jouons « Borom Bale », ce qui les fait beaucoup sourire. Ils nous montrent ensuite ce qu'ils savent faire : quel style ! Souvenirs, souvenirs...

Popo-enfants

De retour à la maison, nous avons droit à un fabuleux ceebu-yapp extrêmement bien pimenté. Popo fait rire et chanter les enfants, qui finissent les plateaux des repas sous la houlette d'un sévère surveillant général, qui les empêche de se battre et veille à ce que chacun ait sa part.

 

 

Cases du village

Une grosse sieste plus tard, Demba passe nous prendre pour le dernier plan de l'après-midi, dans un village de brousse. Il faut attendre encore une bonne demi-heure devant un cyber café que Bart et Mamadou envoie leurs fichiers photos (pour les sauvegarder sur internet si j'ai bien compris). Du coup nous arrivons au crépuscule à ce petit village nommé Ndioumyel, à quelques kilomètres de piste de Thilogne. Impressionnant ! Nous franchissons la porte de l'enclos fait de branches entrecroisées, le sol de sable est tout propre (alors qu'il est jonché de bouses sèches à l'extérieur).

Prêt pour le concert

Les petites cases sont toute rondes, murs en terre et recouvertes de « chaume », comme dans le dessin animé « Kirikou », assez dispersées autour de la « place », où je vois les margelles de deux puits. Il y a donc de l'eau, mais pas d'électricité ; nous avons allumé nos petites lumières, et très vite nous sommes entourés de sourires et de regards émerveillés. Ce sont surtout des femmes et des enfants – les filles, jolies comme des cœurs, sont habillées de leur plus beaux atours. Leur joie et la nôtre sont indescriptibles... Mais nous ne pouvons pas jouer très longtemps, car il y a eu un décès dans le voisinage.

Très émus, nous sommes raccompagnés au car sous une ovation de « mercis » . Il fait nuit noire, et de petits feux s'allument devant les cases du village. De loin, on dirait des lucioles...

Demba nous explique que le village a besoin d'une plaque métallique pour couvrir un puits, qui prend la poussière quand le vent souffle : je propose d'organiser une collecte à cet effet à notre retour en France, Demba va demander un devis et me l'envoyer.

Ndigueul danse

 

Dernier repas à Thilogne, avec ovation aux cuisinières qui nous ont vraiment gâtés pendant notre séjour. Nous bouclons les valises que nous passerons prendre après notre prestation. Le concert commence à peu près à l'heure, car il n'y a pas de discours aujourd'hui, et nous passons les premiers. Cette fois-ci on fait gaffe à s'installer devant les micros et à donner toute la gomme, après l'ouverture de « Fall o fall » par les tambours. Çà fonctionne !

 

Babadasan transe

 

 

Tout le monde est content en descendant de la scène, où un groupe de sérères prend le relai. Beau spectacle assez conventionnel, avec danseurs acrobatiques, cracheurs de feu, etc... qui me rappellent le Ngueweul des débuts.

Trompettes clean

 

 

Le groupe suivant se prépare derrière la scène, il vient de Casamance et nous avons la surprise, en quittant les lieux, de voir un splendide kompo dans la lumière des phares, avec sa longue corne dépassant du pétassou de paille, accompagné de ses masques.

TambourFanfare

 

 

A la maison, nous chargeons les bagages et nous faisons nos adieux à Demba et à Ahmadou Sy, le « surveillant général » de tout à l'heure, qui a deux grands enfants en Europe et qui nous a beaucoup aidés ici. Il était maçon, et il est fier de me montrer sa grosse maison, qu'on voit dépasser les autres à deux rues de là.

Salut Thilogne!!!

 

Il est près d'une heure du matin quand nous nous enfonçons dans la nuit africaine, sur la route toujours aussi défoncée qui 50 kilomètres et deux heures plus tard nous amènera à Ouro Sogui, où nous ferons de l'essence et trouverons la N3, une route toute neuve qui va jusqu'à Dakar.

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